Les Halles actuelles ou troisièmes Halles

L’édification des Halles du centre ville

Halles et Criées – Grande et petites histoires (cliquer sur l’image pour agrandir)

Il est ainsi prévu de déplacer le centre-ville vers l’ouest pour l’éloigner du port et de réaliser des îlots de construction séparés par de larges rues (largeur supérieure à 20 mètres).

Dans cette optique de glissement de la ville vers l’ouest, il n’était pas envisageable de restaurer l’ancien marché couvert, déjà très endommagé par les bombardements de 1943. Il fut donc décidé de reconstruire des Halles à 800 mètres de leur site d’avant-guerre, sur la place du commerce, au centre d’un îlot de construction.

Lors de la séance du 10 août 1946, le Conseil Municipal décide de confier à M. Dommée, architecte à La Baule, l’étude du projet des futures Halles dont les travaux seront majoritairement financés par l’Etat dans le cadre des dommages de guerre. Mais, dans une ville où tout était à reconstruire, il fallut attendre octobre 1952 pour que le Conseil Municipal ratifie le projet quasi définitif du nouveau marché, projet présenté par M. Grenapin, adjoint au Maire :

  •  la construction se fera sur un terre-plein de 3 600 m2 entre les nouvelles rues Jean Jaurès et René Guillouzo.
  •  cet ensemble comportant un sous-sol, un rez-de-chaussée et une salle en étage, fera 90 m de longueur dans le sens nord-sud et 45 m de largeur. Le sous-sol est réservé au stockage des marchandises. Le rez-de-chaussée est prévu pour accueillir au maximum 100 commerçants. La salle au premier étage a 20 m de large sur 48 m de long et 6,5 m de hauteur sous plafond.
  • de cette description succincte, il ressort que ce projet, dont la réalisation occasionnera une dépense totale de 250 millions, dépasse notre créance « dommages de guerre » estimée provisoirement à 142 millions (valeur août 1952). Afin d’alléger la charge financière de la ville, il convient donc de solliciter du Ministère de l’Intérieur la subvention maximum susceptible de nous être allouée soit 43% de la dépense excédant nos dommages de guerre. L’apport financier de la ville serait ainsi ramené à 64 millions.
  • le montage financier prévoit un emprunt de 64 millions auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations au taux d’intérêt de 6%, remboursable sur 30 ans à partir de 1953; la ville s’engage à prendre à sa charge les impôts, frais et droits.

    La maquette définitive des Halles du projet Dommée en 1958

En 1956, le projet de base, établi par l’architecte, M. Dommée, a été remanié à plusieurs reprises suite aux remarques du Conseil Général des Bâtiments de France. En particulier, la salle à l’étage fut supprimée.

L’administration municipale décide, en raison de l’importance des travaux et de la spécialisation nécessaire des entreprises, d’adjuger la reconstruction par une adjudication sur concours qui permet de faire appel à une concurrence portant non seulement sur les prix mais aussi sur la qualité des travaux.

Les candidatures de 15 entreprises ont été retenues pour le concours et l’ouverture de soumissions fixée au 30 mai 1956. Le jury se réunit le 21 juin et propose de retenir les projets soumis par les entreprises Dodin, d’une part, Delfour et Bisseuil d’autre part. Finalement, Delfour et Bisseuil est retenue.

Le montant total du projet s’élève à 209 611 139 F. La dépense serait couverte par :

  • une partie de la créance « dommages de guerre » : 99 238 866 F.
  • une subvention du Ministère de l’Intérieur d’environ : 33 110 682 F.
  • une participation directe de la ville : 77 260 591 F.

Pose de la première pierre des Halles par M. le Secrétaire d’ Etat. Sont présents M. le Maire François Blancho et M. Le Maresquier architecte coordinateur de la reconstruction de Saint-Nazaire.

A l’achèvement des travaux en mai 1958, des aménagements complémentaires s’avèrent nécessaires :

  • l’installation d’un deuxième groupe de WC et lavabos dans la partie sud-est à la place d’un magasin.
  • le zingage à chaud des 16 séries de châssis de sheeds.
  • la pose de bandes solines.
  • certaines modifications de l’éclairage intérieur, de menuiseries, de la conciergerie et de la rampe d’accès au sous-sol.
  • l’habitation du concierge, prévue à 38 m2 dans le projet initial, doit être portée à 75 m2
Echafaudage des structures voile en béton coulé ; accès au sous-sol des magasins

Echafaudage des structures voile en béton coulé ; accès au sous-sol des magasins

Dans les faits, les travaux ont pris du retard et le marché n’a pu être réellement mis en service que le 5 septembre 1958, soit avec un retard de 7 mois et 10 jours par rapport au délai prévu. Pour justifier ce retard, l’entreprise Delfour et Bisseuil invoquait des difficultés d’approvision­nement en aciers, un mauvais temps exceptionnel au cours du printemps et de l’été 1957 ainsi qu’un climat social troublé par des grèves. Admettant certaines de ces difficultés, M. Rouaud, adjoint au maire, demande d’imputer à l’entreprise un retard effectif de trois mois. La pénalité pour retard, prévue au marché, étant de 5 000 F. par jour, il s’ensuit que l’indemnité due par l’entreprise s’élèverait à 460 000 F. Ce n’est qu’au printemps 1960 que M. Rouaud tire le bilan financier global de la reconstruction des Halles. Il liste d’abord de nouveaux travaux supplémentaires souhaitables pour un meilleur ordonnancement du marché:

  •  modifier la rampe d’accès au sous-sol
  • améliorer le logement du concierge
  • substituer aux châssis à bascule des croisées à la française

L’ensemble de ces travaux fait l’objet d’un premier avenant chiffré à : 8 351 600 F.
Un second avenant concerne les branchements vers les eaux usées : 1 008 397 F.
Si l’on inclut ces nouveaux travaux et si l’on déduit les pénalités pour retard et malfaçons, la dépense totale de reconstruction s’élève à 232 020 430 F.

Cette dépense sera couverte par:

  • notre créance dommages de guerre revalorisée : 113 205 562F.
  • la subvention du Ministère de l’Intérieur : 35 644 460 F.
  • un emprunt s’élevant à : 83 170 408F.
  • Total : 232 020 430 F.

La vie courante des Halles

Quand on projette des frais supplémentaires, il faut prévoir des rentrées d’argent supplémentaires. M. Broodcoorens fait état d’une étude comparative de tarifs pratiqués dans plusieurs villes, étude qui prouve que les tarifs pratiqués à Saint-Nazaire sont très inférieurs et ne sont plus en rapport avec les prix des marchandises, référence 1951. Par ailleurs, les salaires moyens du personnel ont augmenté de 80% depuis cette époque. M. Broodcoorens propose donc de rehausser de 100% les tarifs actuellement en vigueur à Saint-Nazaire, pour les Halles du centre et de 50% pour les marchés secondaires. Quelques exemples de ces nouveaux tarifs sous les Halles :

  •  magasin : 15 000 F. par mois.
  • étal de boucherie : 500 F. par jour ou 4 000 F. par mois.
  • étal de poissonnerie : 400 F. par jour ou 3 200 F. par mois.
  • carreaux de fruits et légumes : 20 F. par jour le m ou 160 F. par mois.

Dans les vingt années qui suivent leur mise en service, les Halles ont, semble-t-il, posé de gros soucis d’étanchéité à la municipalité.

Dès 1963, M. le Député-Maire constate que, malgré les termes du devis signé avec Delfour et Bisseuil, l’étanchéité n’a jamais été assurée, et ce, en de nombreux points du bâtiment.

Le procès-verbal de réception provisoire formulait déjà des réserves :

  • sur les terrasses, dans la partie en auvent, un manque d’adhérence est constaté entre la dalle de béton armé et l’étanchéité.
  • sur les voûtes de la partie centrale, de très nombreux soulèvements et des craquelures du revêtement sont constatés.

Les problèmes perdurent pendant des années.

En avril 1983, M. Richard, adjoint au maire rappelle que la réfection d’une partie de l’étanchéité du marché couvert a été confiée à l’entreprise Ouest Etanchéité qui a donné entière satisfaction. Mais, compte-tenu de l’état de vétusté du revêtement, il s’avère urgent d’achever les travaux de la partie centrale et de la terrasse de la conciergerie. Ouest Etanchéité acceptant de maintenir ses prix, le montant des travaux s’élèverait à 244 232 F.

Deux mois plus tard, on passe à l’étape suivante: il faut effectuer la réfection complète de l’étanchéité des auvents. Face au devis qui s’élève à 823 050 F., M. Richard demande au Conseil Municipal de l’autoriser à solliciter auprès du Conseil Général une subvention au taux maximal. Demande votée à l’unanimité.

Pour finir, en 1985, l’étanchéité de la terrasse coûta 686 997 F.

Dans la soirée du 22 mars 1989, un violent incendie se déclare dans les sous sols du marché couvert. De cause indéterminée, ce violent sinistre provoque d’importants dégâts. Sous l’effet des flammes et de la chaleur une partie de la dalle de béton supportant l’activité du marché ainsi que certaines poutres sont fissurées. Une première mission est confiée au cabinet SOCOTEC afin de cerner l’ampleur des dégâts et de proposer une solution de reconstruction. Lors de la séance du 23 juin 1989, M. Richard adjoint précise que le coût des travaux de réfection est connu et que la ville a reçu l’accord de ses assureurs pour le montant de l’indemnisation. Il importe de réaliser les travaux très rapidement compte tenu de la gêne considérable causée par l’impossibilité d’utiliser la partie nord des Halles. M. Richard demande l’autorisation de conclure un marché négocié de 1,283 MF avec l’entreprise Monterrin qui mettra en oeuvre un procédé de démolition « hydraulique » évitant les bruits et la poussière.

Un nouveau règlement de marché, fruit du travail d’une commission consultative composée de représentants des commerçants et de la municipalité, entre en vigueur en avril 1991. Ce règlement contient des interdictions : tuer un animal sur le marché, stocker des bouteilles de gaz en dehors des heures de marché, déballer sur le sol à moins de 50 cm, crier les prix, déplacer les véhicules durant les heures de vente. On note que les prix doivent être affichés de façon lisible et sans ambiguïté, que les fripiers doivent indiquer sur des pancartes vêtements déjà portés.

En mars 1992, après 3 ans d’études, le marché de Saint-Nazaire s’affiche sous un jour nouveau; les commerçants ont quitté la place du marché pour la rue Jean Jaurès et la place du Commerce : densification, amélioration de la circulation, redistribution des emplacements des commerçants. Lors de la séance du 18 février 2000, M. Bâtard expose que l’arrêté interministériel de mai 1995 réglementant l’hygiène des aliments, prescrit le respect des normes sanitaires pour les denrées vendues sur les marchés.

Dans ce cadre, le Directeur des Services Vétérinaires demande la mise en place de lave-mains dans les étals traitant des denrées d’origine animale et de moyens d’évacuation des eaux résiduaires et de lavage, conçus de manière à éviter tout risque de contamination des denrées alimentaires.

Le montant des travaux de plomberie-sanitaire correspondants, s’élève à 332 000 F.

Une note d’avril 2000 de la direction de la Population recense 165 commerçants abonnés des Halles dont 123 en catégorie alimentaire : 23 poissonniers – ostréiculteurs, 24 bouchers – charcutiers, 7 boulangers – pâtissiers , 6 beurre – oeufs – volaille, 7 crémiers, 10 divers alimentaires, 40 fruits et légumes, 6 crêpiers – restauration rapide – traiteurs. dont 42 en catégorie générale : 9 fleuristes – horticulteurs, 32 produits manufacturés, 1 kiosque à journaux.

Auxquels s’ajoutent 20 à 50 commerçants « passagers » suivant le jour de marché et les conditions météorologiques.

La rénovation des halles en 2005

Inscrite au Projet Global de Développement (PGD n°3) au titre de l’amélioration des services publics, l’opération de restructuration des halles centrales répond à l’impératif :

  • d’améliorer l’attractivité commerciale de Saint-Nazaire
  • d’une mise en conformité relative à l’hygiène et à la santé
  • d’une mise en conformité relative à la sécurité contre les risques d’incendie
  • des confortements relatifs à la solidité des ouvrages et des éléments d’équipement
  • de la réfection des peintures intérieures et extérieures de l’ouvrage.

L’enveloppe globale est chiffrée à 1 230 000 euros hors taxes (FEDER : 317 789 euros, FISAC : 254 231 euros, Ville de Saint-Nazaire : 699 135 euros).

Lors de la séance du Conseil du 12 septembre 2003, M. Bâtard demande l’autorisation de consulter les entreprises selon la procédure des appels d’offres publics et de signer les marchés correspondants avec les entreprises retenues. La commission d’appel d’offres s’est réunie le 1er décembre 2003.

Suite aux résultats des appels d’offre, le coût d’opération prévisionnel s’établit à 1 271 155 euros.

La réunion publique du 26 janvier 2004 entre les personnels municipaux et les commerçants sous l’égide de M. Bâtard, fait ressortir les points suivants :

  •  il n’y aura pas de fermeture des Halles au cours des travaux de réhabilitation.
  • la transformation des sanitaires devrait intervenir de fin février à mi-avril 2004.
  • Les travaux de peinture nécessiteront la dépose des enseignes.
  • la partie restauration résine des sols s’échelonnera en trois tranches par zones ; à l’issue des travaux, il sera interdit de percer la résine. Ces travaux impliquent le rehaussement des groupes frigorifiques sur des parpaings.
  • une sortie de secours supplémentaire sera installée.
  • L’accès aux Halles sera interdit à tout véhicule y compris au camion-benne. L’administration sera plus exigeante avec le ramassage et le stockage des déchets en fin de marché.
  • La rénovation doit permettre d’accroître la vigilance et résoudre le problème des vols.

L’opération de rénovation s’est déroulée en quatre tranches successives pour ne pas fermer les lieux, en bonne concertation avec les commerçants. La réfection du bitume du parvis des Halles a parfait l’ensemble de la rénovation.

En mai 2005 le maire, M. Batteux, a inauguré les Halles rénovées du sol aux plafonds, en présence de tous les commerçants sous la grande voûte en béton armé « Nous redécouvrons aujourd’hui une bâtisse que l’on ne voyait plus, pire que l’on supportait. Le tout correspond à un style nazairien fonctionnel et moderne, dont nous sommes aujourd’hui fiers et que nous assumons tout autant que les villes qui ont un passé historique plus conséquent ». C’est en consommateur assidu du marché que le Maire espère que ces Halles flambant neuves gagneront en affluence et en choix.


L’intérieur des halles en 2007 après rénovation

Source : Halles et Criées – Université Inter-Ages de Saint-Nazaire – Octobre 2011

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